



| Sylvie Desvignes-Michelin Un pêcheur de lumières...Elle est écologue botaniste et photographe amateur. Deux passions qui font corps commun ! Sylvie Desvignes-Michelin vit en Aveyron depuis plus de 30 ans, où elle s'est naturellement tournée vers... le petit peuple de l'Aubrac. Vous avez un métier prenant, comment trouvez-vous le temps de faire de la photo ? J'ai toujours relié les deux, en utilisant l'image comme support pédagogique dans le cadre de mes expertises, ou dans le cadre de sorties botaniques, parce que je suis aussi accompagnateur en montagne. Mais maintenant que je suis à la retraite, j'ai vraiment envie de développer mon regard sensible, plus que scientifique. Toujours sur les mêmes sujets ? Oui, c'est vraiment le petit peuple qui m'intéresse. Pour moi, dans ce petit peuple, il y a aussi les elfes, les lutins... toute une symbolique qui m'attire irrésistiblement. J'adore les libellules et les araignées parce que ce sont de merveilleuses machines. Et plus je rentre dans le détail des ailes, des yeux ou des thorax, plus mon imagination se développe. Cette sensation d'entrer dans un monde imperceptible à l'oeil nu est fascinante. C'est un peu comme si je devenais moi-même toute petite... Vous parlez des insectes... Et la flore alors ? C'est exactement la même chose : je me projette de la même façon dans le détail d'une fleur. En tant que scientifique, il m'est impossible de dissocier les deux. Ce sont deux mondes solidaires ! Ce qui s'en éloigne m'est plus étranger, ce n'est pas par hasard si ce sont les paysages qui m'inspirent le moins. Cette passion vous a-t-elle inspiré une sorte de quête du Graal ? Je pense à une espèce en particulier que vous aimeriez trouver pour la photographier... Non, je m'intéresse vraiment à tout ce qui se trouve à ma portée : ici et maintenant. Je ne vois pas pourquoi ce qui est accessible serait moins intéressant. Pourquoi chercher plus loin ce qu'on a sous nos yeux ? Mon métier d'écologue me pousse à tout observer et je n'ai pas d'espèce fétiche. Ceci dit, il m'est arrivée de trouver des espèces qu'on croyait disparues, comme par exemple le botryche lunaire, une ancienne fougère rescapée de la Préhistoire, que j'ai découverte il y a 20 ans sur l'Aubrac... C'est vrai que c'était une émotion extraordinaire ! Vous avez passé beaucoup de temps sur le terrain et réalisé de nombreux clichés. Avez-vous déjà exposé vos photos ? Oui à Montier-en-Der en 2002, et j'expose régulièrement en Aveyron. J'ai aussi participé à plusieurs concours. Mon plus beau souvenir reste probablement le deuxième prix que j'ai obtenu avec mention spéciale pour la qualité des images en 1997. C'était à « Photosynthèse » pour mon diaporama « Danse avec les sèves ». C'est une histoire qui commence dans le monde minéral, puis végétal, puis dans celui des insectes, pour arriver à l'homme... Il avait 120 photos pour un diaporama de 12 minutes. Le diaporama représente un travail énorme, j'imagine... C'est effectivement un travail colossal, surtout qu'il faut maitriser le fonctionnement du logiciel, faire la sélection des photos, penser les enchaînements, faire le montage, choisir la musique... Ça représente des mois de travail, mais je trouve le diaporama vraiment intéressant, à mi-chemin entre le cinéma et l'image statique. Vous avez d'autres projets de ce genre ? Oui, plusieurs ! J'ai au moins quatre prochains diaporamas en tête : sur les araignées, les libellules, chez moi en vallée du Lot et l'Aubrac. C'est l'avantage de la retraite, j'espère avoir le temps et la disponibilité pour travailler ma sensibilité ! |